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Echos du Fesda 2006

" Il est temps que notre pays sache que la culture est une source de renforcement de l'économie " 
 
Le Togo se prépare à accueillir du 24 au 26 Novembre 2006 la cinquième édition du Festival International de Danses Africaines .Pour en parler, nous avons tendu notre micro au Président du Comité d'Organisation du Festival, M. Urbain Kodjo DOSSOU-YOVO . 
 
ICILOME : Monsieur Kodjo Urbain DOSSOU - YOVO, vous êtes le Président du Festival international de Danses Africaines : FESDA et Directeur du Centre Espéra à Kagomé à Lomé. Dites nous d'abord les objectifs du festival ? 
Mr DOSSOU - YOVO : Merci à Icilome. Le FESDA : Festival des danses Africaines s'est fixé comme objectif de créer un champs de compétitivité. Afin de permettre aux artistes de faire un travail de fond, de se professionnaliser et de pouvoir vivre de l'Art. 
 
ICILOME : Quelle sera la particularité de l'édition 2006, la cinquième édition de FESDA ? 
Mr DOSSOU - YOVO : la particularité de l'édition réside tout d'abord dans le nombre de groupes et de pays . Nous aurons donc plus de troupes, cette année. Et nous avons invité des troupes des danses contemporaines comme des troupes de danses traditionnelles et folkloriques. Nous ouvrons pour incorporer à nos danses traditionnelles des techniques d'expression pour que nos danses puissent être rentables et nous permettre de nous 
professionnaliser encore plus et de vivre décemment. 
 
ICILOME : Alors vous êtes entrain de revaloriser la danse africaine, les danses traditionnelles surtout. C'est votre façon d'apporter un plus à ces valeurs culturelles. Parlez nous du thème de cette année. 
Mr DOSSOU - YOVO : Le thème de la cinquième édition de FESDA c'est " culture, une stratégie de développement ". Il faut dire que les artistes quand ils se professionnalisent et pratiquent bien leurs arts, ils peuvent en vivre. Ensuite il ne faut jamais négliger l'apport de la culture à la société. Quand il y a des manifestations artistiques dans tel ou tel milieu, ce n'est pas seulement les artistes qui en bénéficient. Il y a des centres  
qui accueillent des spectacles et ce sont des hommes qui travaillent pour la réussite de l'événement .Même les petits vendeurs de pain, de biscuit ou même de l'eau auront les retombées économiques. Il est temps que notre pays sache que la Culture est une source de renforcement de l'économie. Les 
événements culturels ont beaucoup d'apports à toute la société. La culture a des retombées économiques pour le pays. Et même au - delà de ces retombées directes, il y a beaucoup d'autres choses. Il y a les relations, les échanges, le brassage culturel. Et ça, le Burkina Faso l'a compris depuis .  
La Hollande est entrain de construire une grande école à Koudougou au Burkina Faso, rien qu'à la suite d'une discussion au cours d'un événement culturel (auquel j'avais participé). Il y a même le métissage. Des mariages fructueux naissent de certaines rencontres culturelles. Il y a aussi l'adoption de certains enfants, des jumelages et autres. 
 
ICILOME : Est ce qu'on peut dire dans ce cas que le Togo est en retard par rapport à d'autres pays comme le Burkina - Faso ? 
Mr DOSSOU - YOVO : Oui, il faut le reconnaître. Sur ce plan le Togo est en retard sur le Burkina Faso et c'est dommage. La culture est une source de richesse. Les Togolais ont beaucoup de talents et de très bons projets culturels mais le soutien manque souvent. On nous l'a dit très récemment en Libye. Lorsque nous étions sur scène. Beaucoup nous apprécient.  
Nous avons une culture très riches, bien variée mais que nous n'exploitons pas à fond. Les raisons sont multiples. Mais un jour ,le Togo aussi va arriver là où se trouvent les autres. 
 
ICILOME : Est - ce - qu'on peut dire qu'on s'intéresse beaucoup plus à d'autres secteurs comme la politique qu'à la culture. 
Mr DOSSOU - YOVO : C'est une réalité. C'est vrai Vous savez, la politique, tout le monde la fait. Mais ne devons pas oublier la culture. Dans le domaine de la culture même, si nous prenons par exemple une manifestation comme Miss Togo vous voyez souvent vous même comme les gens s'y intéressent. Alors que l'événement se déroule essentiellement sur une soirée, quelques heures. Au cours d'une soirée ,on fait l'élection d'une  
demoiselle et après c'est fini. Je n'ai rien contre Miss Togo. Mais voyez le nombre des sponsors qui s'y accourent. Mais quand vous organisez une manifestation sur plusieurs jours, avec le déplacement des artistes étrangers, des ateliers de formation, des créations d'échanges et autres, les sponsors sont rares ou à compter au bout des doigts. Alors que ces manifestations participent beaucoup au développement du pays, sur plusieurs  
plans. Au Togo, la nouvelle formule c'est le sport, et après le sport c'est Miss Togo. Quand on parle de festival international de danse, de théâtre, il y a eu dans ce pays de très bonnes initiatives culturelles et plein d'autres événements. Mais ce n'est pas facile de trouver un petit financement. Je crois qu'il est temps que cela change. Vous voyez que le festival de danse par exemple revalorise le travail de beaucoup de groupes ,de plusieurs pays. 
 
ICILOME : Mr DOSSOU - YOVO, vous voulez effectivement par le biais de ce festival et surtout à partir des différents ateliers, amener les artistes à vivre de leur art ? Est-ce que ce n'est pas un rêve, un idéal difficile à atteindre ici. 
Mr DOSSOU - YOVO : Non ce n'est pas un rêve. Cela se fait dans d'autres pays mais pourquoi pas au Togo. C'est un objectif que nous devons atteindre dans ce pays. Il faut encourager les artistes. Il faut que l'artiste produise et qu'il gagne le fruit de sa prestation. Il faut encourager les artistes. L'art est aussi un travail 
 
ICILOME : Alors M DOSSOU-YOVO ,on peut dire que le FESDA qui a plus de cinq ans d'existence a de l'expérience. Aujourd'hui , est ce que vous avez des subventions ? Y a- t- il de bonnes volontés qui vous apportent leur appui ,après tant de chemins, depuis 2000 ? 
Mr DOSSOU - YOVO : Oui. Il y a de bonnes volontés, c'est vrai mais il n'y a en a pas beaucoup. Et malheureusement il n'y a que quelques institutions qui se manifestent favorablement. Et c'est dommage, parce que lorsque leur soutien nous fera défaut, ce sera difficile. Le FESDA veut arriver à se prendre en charge et cela tarde un peu. Il y a eu des demandes d'invitation de plusieurs pays. Mais il est difficile de les accueillir, faute de moyens suffisants. Le Festival pense au déplacement, à l'hébergement, à la restauration et même au cachet .Et nous avons beaucoup  
de problèmes à ce niveau. Ce qui fait que nous n'avons pu retenir que le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d' Ivoire, le Ghana, Le Nigeria, le Niger et le Mali. Il y a également une troupe Française qui vient. 
 
ICILOME : Est - ce que des troupes étrangères peuvent s'inscrire encore ? 
Mr DOSSOU- YOVO : C'est justement leur prise en charge qui nous limitent. Il est souvent difficile de boucler les budgets mais cette année, les choses sont plus dures. 
 
ICILOME : Un appel à lancer à l'endroit de ceux qui vont vous lire ici et ailleurs ? 
Mr DOSSOU - YOVO : Je vais leur dire de nous soutenir. De soutenir la culture. Surtout dans notre pays. Il faut soutenir toute la culture et les retombées sont immédiates et dans beaucoup de secteurs. Nous aimerions lancer un appel à tous de nous aider à réussir cette édition. La culture apporte un plus a l'Economie d'un pays. 
 
ICILOME : Merci Monsieur Kodjo Urbain DOSSOU - YOVO. 
M. DOSSOU - YOVO : Merci à vous 
 
Source : iciLome |9/18/2006  

 

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Modifié en dernier lieu le 26.04.2008
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